Présentation

Mot de la présidente

Au milieu des années 2000, devant la multiplication des lieux d’échange en droit international – centres de recherche, instituts, groupes ou réseaux par exemple – l’exécutif de la SQDI s’était questionné sur la manière dont celle-ci devait évoluer afin de préserver sa pertinence. Pour l’équipe en place à l’époque dont je faisais déjà partie, la SQDI, créée en 1982, devait réorienter sa manière d’organiser ses activités. Il ne suffisait plus d’organiser des événements de diffusion et d’échange, que les nouveaux regroupements offraient déjà ; la SQDI devait devenir un espace réunissant ces centres, instituts et réseaux. Elle devait tenter de les décloisonner et de faire voyager les professeurs, les chercheurs, les praticiens, les étudiants d’un lieu à l’autre. Déjà bien inclusive et rassembleuse, la SQDI devait dorénavant agir comme liant, capable de créer des associations là où celles-ci rencontraient certaines frontières. En effet, si nous étions bombardés d’offres d’activités en droit international, peu d’entre elles nous permettaient réellement d’échanger à l’extérieur de nos réseaux.

Avec l’organisation des premiers états généraux sur l’enseignement et la recherche en droit international au Québec à l’automne 2007, la SQDI s’est définitivement affichée comme un lieu de regroupement. En effet, la totalité – ou presque – des professeurs de droit international avait répondu à l’appel. L’événement s’est répété cinq ans plus tard avec le même succès. Depuis, la SQDI a multiplié les occasions de rencontre. Les conférences Maximilien-Bibaud et Katia-Boustany offrent l’occasion à un expert de sortir de son milieu naturel pour s’adresser à un nouvel auditoire, permettant rencontres et échanges entre chercheurs, étudiants et praticiens de milieux divers. Le Bulletin, publié mensuellement électroniquement, diffuse les activités et les nouvelles des divers groupes, instituts et centres de recherche du Québec et d’ailleurs.

En parallèle à ces activités, la Revue québécoise de droit international, l’organe scientifique de la SQDI a su se tailler une place de choix dans le paysage des revues de droit international. Trilingue, subventionnée par le CRSH, et dont la qualité éditoriale est assurée non seulement par un comité de lecture composé d’éminents spécialistes provenant des quatre coins du monde, mais aussi par une équipe éditoriale composée de jeunes étudiants brillants et motivés provenant d’universités diverses, la revue a pris un tournant décisif en décidant de publier gratuitement ses numéros en ligne. Le nombre de téléchargements n’a cessé d’augmenter, dépassant les 40 000 par mois. En raison de sa qualité éditoriale assurée par un double processus d’évaluation par les pairs, de son délai de traitement des textes fort enviable et de la visibilité des articles publiés, les auteurs québécois, mais aussi d’ailleurs, confient fièrement leurs manuscrits à la RQDI.

Je ne peux finalement pas passer sous silence la création du Cercle étudiant de la SQDI. Cet organe, dirigé par des étudiants, affiche un dynamisme fort enviable. Que ce soit par le biais du colloque bisannuel ou des conférences et des ateliers, les activités du cercle offrent aux étudiants la possibilité d’échanger avec des étudiants de toutes les Facultés et témoignent de l’existence bien réelle – et réconfortante – d’une relève pour le droit international au Québec.

La SQDI a donc le vent dans les voiles ! Mon prédécesseur, le professeur Olivier Delas, n’est pas étranger à cette évolution effervescente. L’équipe qu’il a su réunir non plus. Il s’agit maintenant d’assurer la pérennité de ce qui a été mis en place, tout en tentant d’innover à certains égards en fonction des transformations sociales, géopolitiques ou économiques.

Face à la montée de l’extrémisme et du populisme, du fait de l’instabilité et de l’imprévisibilité qui caractérisent notre ère, devant les inégalités encore bien réelles, parce que ce qui se passe à l’étranger nous touche et nous préoccupe, une association comme la SQDI ne doit peut-être plus se contenter de servir ses membres ; la communauté tout entière a besoin de forces vives, d’internationalises engagés, acteurs de la société, connectés sur les enjeux de toute sorte, mobilisés, mobilisables et branchés sur leur milieu, sur leur communauté locale, voire planétaire. À cet égard, plusieurs de nos membres sont déjà bien actifs, mais la SQDI peut certainement jouer un rôle pour les mobiliser davantage. Voilà ce qui devrait permettre de caractériser une partie du travail de l’équipe dans les années à venir.

 

 

 

 

Geneviève Dufour,
Présidente de la SQDI

Geneviève Dufour

Présidente de la SQDI

Professeure agrégée, Faculté de droit, Université de Sherbrooke

Vice-doyenne à la recherche
Directrice du programme de maîtrise en droit cheminement droit international et politique internationale appliqués (DIPIA)